Un soutien essentiel
Ma famille a été durement frappée par mon diagnostic et nous avons tous traversé des moments difficiles. Au fil du temps, tous se sont habitués à ma lenteur et à mes tremblements. Aujourd’hui, ma famille est mon plus grand soutien.
Pendant les huit premières années, je n’ai pas recherché la compagnie d’autres patients parkinsoniens car c'était comme regarder mon futur, un futur que je ne voulais pas affronter. Mais depuis que j’ai cessé de travailler, j’ai suivi de nombreux séminaires de sensibilisation et il est maintenant plus facile pour moi de parler de la maladie de Parkinson. J’apprécie maintenant les plaisanteries et la camaraderie du « club » des parkinsoniens.
Parfois, les gens sont trop gentils. J’ai l’air d’une grincheuse en disant cela, mais je n’ai vraiment pas envie d’être traitée comme une handicapée. Je peux tenir ma tasse de café, et je peux monter des escaliers et parcourir une bonne distance. Mais je n’ai que deux vitesses : tout doucement, et à l’arrêt.
Je n'aime pas voir comment mes muscles et mes articulations se raidissent au fil des années et devoir augmenter le nombre de mes séances de kinésithérapie. Mes étourdissements et mes vertiges font qu’il est difficile pour moi de me doucher et de m’habiller. Au tout début, mon nez me jouait des tours : je percevais de mauvaises odeurs, par exemple une odeur de caoutchouc brûlé à toute heure du jour et de la nuit, ou de canalisations bouchées qui n’étaient en fait pas bouchées du tout ! Aujourd’hui, je n’ai plus aucun odorat.
La vie continue
Ce terrible jour où l’on vous annonce le diagnostic, vous avez l’impression que c’est la fin du monde. Je peux encore en ressentir la sensation dans le creux de l’estomac. Mais depuis, j’ai marché sur la Grande Muraille de Chine, j’ai visité la Norvège, l’Espagne et l’Australie. J’ai passé un Master, appris à utiliser une plaque de cuisson dans ma jolie cuisine toute neuve, et j’ai acheté une caravane au Pays de Galles. La vie continue, malgré le diagnostic.
Vivre avec une pathologie chronique, c’est comme rouler sur une route cabossée et truffée de nids-de-poule, mais parfois, on arrive aussi sur de longues étendues d’autoroute bien lisses. J’adore cuisiner, bien manger et faire la fête. Je ne vis pas pour ma maladie de Parkinson, je vis à ses côtés.